20180904

le poumon gauche de la nuit


à ma mère Bernadette Alexandre-Bouchet

-------

une bête sauvage à chaque doigt
je m'avance & m'obstine dans le poumon gauche de la nuit
cherchant
du bout de la langue
une nouvelle langue à épuiser
je m'avance & m'obstine dans le poumon gauche de la nuit
une langue à dresser
une langue à dormir debout
je m'avance & m'obstine dans le poumon gauche de la nuit
une langue thermomètre
pour mesurer l'absence de tes mains
sur ma langue
une langue sans structure
& déchue de ses droits linguistiques
je m'avance et m'obstine dans le poumon gauche de la nuit
& les langues de se succéder dans ma bouche
sans jamais y planter suffisamment leurs crocs
pour saisir ce que le vent, les revolvers en friches, l'été qui se condamne, les oreilles dans les branches me cèdent de terrain dans le poumon gauche de la nuit
mais je m'enfonce et m'obstine dans le poumon gauche de la nuit
sans lampe ni valium,
sans autre secret que celui d'être moi,
je m'enfonce & m'obstine dans le poumon gauche de la nuit
autrefois, lorsque mes dents paraissaient encore neuves, j'ai écrit mon prénom à l'envers
j'ai comme renversé ma langue pour y loger quelque chose que je cherche encore
dans le poumon gauche de la nuit
j'ai écrit
& ce que j'ai écrit n'était pas bon à lire dans toutes les têtes,
(Je m'avance & m'obstine dans le poumon gauche de la nuit)
c'est ce depuis
que je cherche aujourd'hui dans le poumon gauche de la nuit
ce depuis
que je m'obstine à chercher dans le poumon gauche de la nuit
le poumon gauche de la nuit
le poumon gauche de la nuit
je T'écris depuis
le poumon gauche de la nuit

-------

renverser sa langue...
flèche-fœtale (re)tournée vers sa souche utérine
flèche à flesh dans le poumon gauche de la nuit
(à l'intérieur duquel je m'avance & m'obstine...)
- l'écriture est un piercing à la langue -
on n'écrit qu'avec une langue trouée
le reste
n'est que littérature
or je m'enfonce & m'obstine hors la littérature...
renverser sa langue...
flèche-utérine pour ne faire plus qu'un avec toi
flèche-flesh-origine-du-monde
dans le poumon gauche de la nuit
retrouver sa langue
dans un désordre d'organes et de lettres
(je m'avance & m'obstine dans le poumon gauche de la nuit)

-------

tu es encore vivante
dans le poumon gauche de la nuit
c'est pourquoi je m'enfonce un peu plus
dans le poumon gauche de la nuit
tu ES le poumon gauche de la nuit
& c'est pourquoi je m'obstine...
quel est ton véritable nom?
m'aimes-tu encore?
je m'avance & m'obstine dans le poumon gauche de la nuit
j'avance au milieu de fruits étranges: d'avocats en bleu de travail, de melons en costard-cravate, de brugnons enragés mais je ne t'ai pas encore retrouvée
dans le poumon gauche de la nuit
tu es partout-nulle-part
je suis partout-nulle-part
dans le poumon gauche de la nuit

-------

j'avais 4, 7,11, 27 ou 34 ans
que je ne savais rien
du poumon gauche de la nuit.
les rotules couraient après leurs omoplates
que je ne savais toujours rien
du poumon gauche de la nuit
& pourtant ce souffle
hhhhm hhhhhm
asthme asthmatique dans le poumon gauche de la nuit...
toi tu savais
toi tu savais
mais ne disais rien
chut chut chute verti-
gineuse
cale
ou autre sphère en V
toi tu savais
mais
ne disais jamais rien...
(je m'enfonce et m'obstine
dans le poumon gauche de la nuit...)
une nuit
je violerai ton alphabet
& lui ferai dire tout ce que tu cachais
dans le poumon gauche de la nuit
je violerai
UNE A UNE
chaque bronche
du poumon gauche de la nuit
du poumon gauche de....

-------

les hommes ne seront jamais que des hommes
y compris à l'intérieur de ce poumon
dans lequel je m'avance
& m'obstine
pourtant
à devenir femme...
de quelle couleur étaient tes nuits ?
quels étaient les fruits dans lesquels tu rêvais de mordre
avant que nous ne rongions tes dents
avec nos ongles ?
je voudrais te connaître nue
déshabillée de tes grossesses
& de ces courriers auxquels tu ne pouvais répondre
qu'avec des nerfs
aiguisés au taille-crayon
je voudrais enfin te connaître
dans le poumon gauche de la nuit
je voudrais découvrir ta langue
pour recouvrir la mienne
dans ce désordre d'organes et de lettres
qu'est le poumon gauche de la nuit

-------

les trafiquants de sérotonine
& autres laboratoires en complet-vestons n'ont pas leur place
dans le poumon gauche de la nuit
seules l'ont quelques chaises
maigres
sur lesquelles on ne peut qu'asseoir
sa solitude
& quelques polaroids
maigres
eux aussi...
il est difficile de ne pas s'asseoir
dans le poumon gauche de la nuit
& pourtant je m'avance & m'obstine
dans le poumon gauche de la nuit
à la recherche de cette langue
définitivement maternelle
sans laquelle je ne ferai(s) que tituber
hors du poumon gauche de la nuit
un arbre tiré à quatre épingles
me soumet une charade
je l'observe avec des yeux de fauve
"mon premier est un miroir
me chuchote t-il
mon second
un miroir
& mon tout
quelqu'un qui cherche sa langue
dans un miroir"
l'arbre m'observe
il sait que je ne lui répondrai jamais mon nom
mais celui d'un enfant
que tu ne connaîtras jamais
c'est pourquoi je m'enfonce & m'obstine
dans le poumon gauche de la nuit
à la recherche de...
ce quelque chose
que je finirai bien par enfreindre
au nom de ma mère
de son fils
& de ce saint-esprit
maquillé
comme un trottoir

-------

des secrets
nous en aurons encore
dans le poumon gauche de la nuit
des secrets d'alcôves
des secrets en forme d'oiseau
ou de linge froissé
en famille
des cartes-secrètes-famille-nombreuse-S.N.C.F
pour voyager secrètement
(& peut-être ensemble)
dans le poumon gauche de la nuit
de temps en temps
(& c'est un secret)
je mets le masque que tu m'avais confié
lorsque nous étions à portée de langue
pour m'aventurer hors
du poumon gauche de la nuit
je mets un masque et perds mes clefs
pour donner le change
& me confier aux mots fléchés
que tu lançais de
ta voix de voix
"il fallait bien qu'une voix réponde à tous les noms du monde"
il le fallait
& aujourd'hui
il me faut
porter ma propre voix
sur des épaules aussi
vaste que le vide

je m'époumone
hors du poumon gauche de la nuit

-------

& voilà maintenant que mes cheveux se confondent aux vignes
qui tapissent en riant
le poumon gauche de la nuit
tandis que je m'enfonce et m'obstine en toi
désormais je sais
qu'il me faut t'attendre ici
- dans cet amas de plantes fiévreuses -
jusqu'à ce qu'on y récolte
ma colère & mon sang
je ne te ferai pas signe
je t'attendrai sagement
quel âge auras-tu
lorsque tu viendras danser dans mes cheveux
& que les tiens se prendront à mes branches?
tu seras belle voilà tout -
et je t'observerai avec des yeux de bal
sans dire un mot
enfin libre de me taire
dans le poumon gauche de la nuit

-------

immobile
& sans autre mobile que cette langue
que tu m'as arrachée
un soir de juin
je patiente & m'obstine dans le poumon gauche de la nuit
- cheveu(x) sur la langue -
suis-je & serais-je autre chose
qu'un cheveu sur ta langue?
(je patiente & m'obstine dans le poumon gauche de la nuit)
tu t'approches & m'échappes
tu t'approches & m'échappes
tu te mélanges aux couleurs que j'emploie
pour peindre ce poumon
qui n'existe pas
tu te mélanges à la nuit
à ce qui m'effraie
à ce qui me fait rire
- encore -
tu te mélanges à toi-même
tu te mésanges & t'envoles
je t'observe sans te voir
je ne veux pas que tu me voies
j'irai piocher ma langue ailleurs
j'irai piocher ma langue ailleurs
que
dans le poumon gauche de la nuit

-------

une bête sauvage à chaque doigt
je t'aperçois enfin dans le poumon gauche de la nuit
tu y es plus jeune que moi
abstraite & légère comme une carte postale que l'on s'enverrait soi-même
tu y es plus jeune que moi
& tu n'es plus ma mère
- enfin -
mais une addition sans fin de rêves, de fantasmes & de lumière
& voilà que tu danses dans ces vignes ébouriffées
que je coifferai aujourd'hui en ta mémoire
je t'aperçois
- enfin -
dans le poumon gauche de la nuit
je te peux te peindre
- enfin -
dans le poumon gauche de la nuit
avec cette langue trouée
qui fût toujours la nôtre

(au dehors, une femme m'attend
elle danse elle-aussi
elle danse &
sans le savoir
répare la surface égarée du monde)






20160524

tatouages réversibles (soap-opera en 5 épisodes)


A Bruno Sulak - à mi-chemin entre le diable & Ninjiski, danseuse entremêlée dans l’odeur du souffre, cactus-vodka dans le projet démonique de s’emparer de la bouffonnerie, dandy taciturne devant le charme du feu


Épisode 1:

les magasins de sous-vêtements
souterrains
disposent de tant
   de
RAYONS
qu'il faudrait une armée de
Ray ban
pour ne pas y laisser son bronzage
guêpières halogènes
    soutiens-gorges HI-TECH
& strings en culottes courtes
les miroirs vexés d'être
        ca
con         ves
se coiffent d'un bonnet
      phrygien
pour ne pas se soumettre à l'érotisme forcé
des  |||codes-barres|||


Épisode 2:

une foule de
    pages blanches
se rue dans un cabinet d'architecte
      sans
    M U R S
pour (y) réclamer un toit
& obtenir
     .  dossier de presse
     .  quatrième de couverture
& autre carte de séjour
    dans le milieu ULTRABRANCHÉ
        des
L
E
T T R E S
file d’attente & queue de pie
      un homme maquillé
comme une voyelle
les observe d’un œil
      au beurre
        NOIR


previously on “tatouages réversibles": un homme - aux yeux roux comme un sourire de lave - tente progressivement de se substituer aux balles que tirent quotidiennement les portes qui l’entourent.


Épisode 3:

les bureaux de [patchs anti] tabac
sont si
       CONVIVIAUX
qu’on s’y tape sur
l’épaule
     entre deux (astro) cancers
assis à une table
Guillaume Apothicaire
taxe un chewing-gum-sans-gomme
au fantôme mentholé
de L O U
    & lui glisse un
          billet-doux
sous forme d’ordonnance


Épisode 4:

il y a fort à $
      p a r i e r
que les distributeurs d’automatismes
se mettent à
      GA
             YER
d’ici peu
nous en voulons pour preuve
la mise en circulation récente
     de fantasmes
     non-génériques
fabriqués dans des laboratoires
                               clandestins
Au sud de nulle part
nous vous demanderons donc
de signaler tout portefeuille
          s u s p e c t
afin de garantir la sécurité
    des
           PICKPOCKETS


previously on "tatouages réversibles": les salles d'attentes sont devenues si "hype" qu'il faudra bientôt patienter dans des "salles d'attente pour salles d'attente" avant d'espérer y entrer


Épisode 5:

     scènes ouvertes
               &
                              maisons closes
tout est affaire de SERRURES
   les librairies de nuit
ne vendent plus que des
      CARTES P.O.S.T.A.L.E.S
passées 22h &
des videurs sont postés
     aux portes des
            BIBLIOthèques
(littérature correcte oblige)
     dans l’arrière salle d’un bar
un   e    s    i
          s    a    m
     de bouches
                tourne autour d’une lampe en forme de
                microphone
cependant que les
      CLEFS
                   d o r m e n t
          sur leur leurs deux
                   oreilles



cartes postales de deuil


1

bouche-digestion,
dentifrice-à-effacer
les-restes-de-poèmes
qui tartrent tes dents
& dessinent des
casseroles
sur la grande O U R S E .
"ft" "lm"
"hj" "mp"
"pt " :
postillons d'arbres secs,
pouvoir d(u cr)achat
& autres bégaiements d'insectes
en forme
de
cha
peau
me
lon
tiède.
grincements
de lèvres (ou)
lèvres-missionnaires
-
une carte postale de deuil
à punaiser
sur ta langue -


2

bouche-almanach,
attentats-sans-
alcool
& cauchemars-friandises à
loger
sous
tes bras-pierre-d'alun.
sommeil-roue-coupée,
rhume numérique
& des fantômes
au goût de ketch
-up...
machine-à-sous-estimer-la-mort
& sa cousine en marinière
-
une carte postale de deuil
à éternuer
sur ton ventre -


3

bouche-drogue-de-synthèse
à mâcher-en-ligne
entre deux
substituts
de trépas...
caddies syndiqués,
tapis-de-caisses en grève
& le sourire de la crémière
resté coinc
é
dans sa caverne-molaire.
embrasement-sans-contact,
clin d'oeil "avezvouslacarteduuuuuuuuuuu
magasin"...
au risque de s'y perdre:
-
une carte postale de deuil
à scotcher sur ta liste
de course -


4

bouche-poum-poumon,
bouche
ceci-n'est-pas-une-pipe
-mais-une-cigarette
-au-volant.
bouche-artère-bouche-bouchée,
artère-bouchée-fin-de-chapitre
(il faudrait
penser à
changer
la litière
de ta gorge).
bouchapipe-ceci-n'est-plus-une-bouche
mais un mot
qui ne veut
pas
s'éteindre.
hum
hum hum
hum
-
une carte postale de deuil
à appliquer trois-fois-par-jour
sur ton torse -


5

bouche-littérature-pop,
album-sans-bulles ni
sous-titres
ni
langue
des
signes.
roman-matérialiste-de-gare-à-l'eau-de-rose,
vitrines étalées en vitrine
& pull-overs d'adverbes
(il ne manquerait plus
que le fond de la forme prenne froid!).
littérature-bang-bang,
littérature-balle-dans-le-pied:
une bouche
se met à b o i t e r
dans le désordre.
bouche-à-boucher-les-trous,
bouche-à-boucher-les-bouches
-
une carte postale de deuil
à planter
dans tes veines -


6

bouche-terminus,
carte postale-au-sourire-d'échafaud,
enveloppe-dynamite
teignant sa
mèche
en
blond.
revolver PTT
criblé de boites-aux-lettres
& de flammes-isocèles,
revolver PTT
convertible
à l'islam-canapé-convertible
-le cul-entre-deux-chaises-
bouche-terminus,
bouche-tout-le-monde-descend,
bouche-cancer-du-néon.
-
une carte postale de deuil
à tatouer
sur tes dents -


7

bouche-sex-pistol
au pied de la
c
r
o
i
x,
chapelet-de-blackout(s)
& v a l i u m en perfusion
(il faudrait inventer des gorges
en forme d'évier - & remplacer nos ongles
par des pelles).
fourches-néo-codines
sécables &
nettes
comme un souvenir d'éponge.
-
une carte postale de deuil
à greffer
sur ton foie -

20151208

post-it(s)


1

ta clap-clap manie
d'applaudir
            les nuages
qui transpirent de ma bouche,
ton ventre de mosquée
                            sauvage
devant lequel
             j'incline
                  le verbe "décliner"
plus de 5 fois par jour,
tes cheveux-escaliers,
tes ongles de danseuse
& tes paroles
           qui restent
collées
          à mon pied
comme un swiiiiiiiiiiiing-gum
        téléphonique.



2

"je te préviens:
si tu penses pouvoir
         échapper 
à nos amours ferroviaires,
c'est N
            O 
                N     N   O   N
                    N
                    O
                    N
Je ne cesserai de crier gare 
pour que ton train 
reste
à quai"



3

tes mains...
     comment dire....
tes mains sur
                 moi
    Je veux dire, c'est....

WAOUW!!!

"cambre, cambre, soulève, tords, cambre encore, tends, rayons uuuultra-violés, charabia-de-muscles, spasmes agités de spasmes -métaspasmes- peel, peel, peel slooooooowly and see, peel, pile, duracelle & mords, mords avec tes doigts ce que ma mâchoire s'apprête à chuchoter aux draps!"



4

cap sur le Nord,
     cap sur
     ta poitrine,
     sur la chapelle
sixties
que tu n'entrouvres qu'à moi.
cap cap cap
cap
sur ta bouche,
cap sur tes lèvres
"Nord-cap-calais"
(& je cacherai le Sud au fond de mon accent).
cap sur le Nord,
cap sur le
Nord.
là où les frontières
se traversent à la main.



5

je soufflerai
       dans ton ventre
& chanterai
    dans tes artères
d'une voix si
               "veinale"
qu'une simple prise de sang
suffira à l'éteindre.
je soufflerai
         en stéréo 
dans les commissures
      de
           ta bande F.M:
93.chair,
            107.seins,
      France-orgasme...
jusqu'à ce que tu
                     coupes
          le son
& que les voix qui
        grésillent
        dans ma tête
allument l'ombre d'un feu
                 dans tes ovaires.



6

les mots
  qui se dés-
                   arti-
             culent
lorsque l'alcool parle
      en moi
& que ma pensée
      trébuche
sur des obs-
                  tacles 
si fumeux
     que ma cigarette en tousse...
les mots - sont pourtant - envers & contre - tout - la seule - échelle - qui permet - à ma langue - d'atteindre - tes plaies.



7

tes yeux de thermomètres
qui tentent
             de mesurer
le feu
      qui me dévore
lorsque tu te glisses
      en moi
& que ma langue marchande
avec ton sexe.
tes jambes -oh-
& comme elles envahissent
        ma Pologne -ooh-,
annexent mes Sudettes -oooh-.
comme elles -ooooh-
conjuguent ma bouche -oooooh-
à l'impératif
du verbe désirer -ooooooh-.
tes jambes de dictée.
tes jambes de grammaire bestiale
tes jambes en queue de pie
qui sifflent l'air
      que je respire...

tu m'as appris à mordre
quand je me contentais de
mâcher.



8

ton parfum
         qui m'observe
lorsque j'avale
    tes bandes-
    dessinées
& souffle des mots
      indécents
                 dans leurs bulles...
le rougeoiement de l'encre,
lorsque tu emménages
             dans la case
             sur laquelle je m'attarde
& que tes traits
se confondent
au trait
       d'Adrian Tomine
ou d'un autre
...
Tu me gribouilles!
   tu me gribouilles &
m'agaces!
    -soupir-
mon dieu ce que tu peux
  m'agacer!!
    -soupir-
mais je dois admettre...
-tousse tousse-
que je ne saurais me passer...
-tousse tousse-
de ton sourire
   posé
sur les    90 pages
qui composent secrètement
mon épaule.

FIN.



9

TOUM PAPAM PAM
TOUM PAPAM PAM
& voici pour
    mon last
           post(-it)
    on the bugle
& pourvu que
          ta voix
       de scotch
reste
TOUM PAPAM PAM
        adhésive &
se tienne
       serrée
TOUM PAPAM PAM
à ma gorge
comme une 
    corde
    (vocale)
    à son arc.
nous pourrons ainsi
TOUM PAPAM PAM
danser
   d a n s e r
DANSER
jusqu'à ce que la cible
que nous aurons tracée
   devienne
TOUM PAPAM PAM
si   m        a  n
         o    v      t
            u           e
que les flèches devront
       BANDER
       pour l'atteindre.

20070829

3,1



écrire pour s'infliger le vertige


20070628

3,0

je suis là,

perdu dans l'essaim

de vos voix

avec pour seuls bagages

ma langue avortée

et ma bouche en deuil

20070625

2,9

dénudé
jusqu'à ne plus être
que ce chiffre
déchiffré
par ta langue,
le danseur s'évapore
dans la nuit salée
des miroirs
(nos langues seront consubstantielles
au sein d'un seul écho)

2,8

caché dans la bouche
du poète
le danseur remonte la langue
rebrousse parole

20070624

( )

relecture de Thierry Metz
lettres à la bien aimée
je n'ai effleuré que quelques pages
mais déjà
cette contagion de l'écriture
cette envie de carreler les pages blanches

20070622

2,7

peut être est-il temps
pour le danseur
d'enfiler
son propre costume
son propre corps
de le parcourir enfin
dans son entier
et d'y retrouver
ce poème
qui bat toujours
sous la blessure

20070613

2,6

là-bas
il existe un danseur
dont la chorégraphie
ne cesse de déborder
les frontières du corps
et de la soif
je l'ai croisé
il y'a déjà longtemps
(ou peut-être était-ce hier)
à la lisière d'un chemin
que j'emprunte aujourd'hui
à contresens
danseur aux mains constellées
de pierres
danseur bancal
danseur vivant

20070609

2,5

désormais retranché
à l'intérieur
du vent
je soufflerai la lumière
aux aveugles
pour que la nuit trésaille

2,4

dessiner l'obstacle
qui se dressera
d'un seul corps
contre
la marche forcée des miroirs

la poésie comme la danse
sont matières d'architecte

2,3

dédoublé
comme un fruit scindé
en sa chair
les yeux voltent
le corps face

(nous avons retrouvé la parole
dans une flaque)

2,2

il faudrait
des
fenêtres

aux
afenêtresaaaaaaaaa

2,1

il faut apprendre à se pencher
à nier l'équilibre
la poésie, pour verticale qu'elle soit,
ne se pressent que dans l'au bord,
le vertige

2,0

danseur sans visage
et sans voix
danseur sans autre substance
que la chair même des mots

(danseur léger comme le vent)

1,9

vous porterez le souffle - à bras le corps -
escorterez le mot dans son cheminement
peut-être alors, traversera t'il sa cible
pour se loger dans l'eau

1,8

vous le croiserez peut-être
au bord d'un sentier
dans les marges d'un poème
ou dans le courant d'un ruisseau
il ne vous dira rien
ne vous regardera pas
mais il vous offrira des yeux
avec lesquels
vous pourrez fixer droit le soleil
et son pesant d'ombre

20070607

1,7

il ne reste de ce corps
qu'une poitrine
blessée
exposée au soleil de vos voix
mais je ne me tairai pas
pour autant
car ceux qui savent entendre
ont déjà discerné
le désert qui soupire
à l'intérieur des mots

1,7 aveu

non
je n'ai jamais été
danseur
je n'ai été qu'un puits
dans lequel vos pas se sont perdus
et je retourne à la terre
et je retourne à l'eau
je me retourne
et repars
défricher ma part d'ombre

1,6

effleurer un instant
le soleil de ce corps
qui n'est déjà plus
le tiens ni
le miens
mais celui d'un poème
que tu te précipiteras d'enfouir
dans le sable
d'où naissent
les miroirs


(te voilà hors_ la communauté
du corps)

1,5

tu persistes
aaaaaaaaaaaaà

aaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaT'égARer

aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadans la nuit
des autresmmmm


aaaaaaa

1,3

les fenêtres ferment leurs paupières
et les ampoules
vérouillées aux lampes
fac-similent un soleil
dont elles ne sauront jamais
ni le rire
ni l'éclat

il est déjà trop tard

danseur
tu ne sais plus danser
danseur
tu ne sais plus danser
résous toi
danseur
tu ne sais plus
danser
un livre

20070606

1,4

tu as avalé ta bouche
danseur
dévoré chacun de tes muscles
crucifié le Verbe
qui gisait dans tes mains

au nom des sains d'esprit

désormais tu regardes
avec les yeux d'un autre

1,2


épuiser le centre pour qu'émergent les marges

20070605

1,1

pour tous ces sourires
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaplantés à l'agrafeuse
aaaaaaaaaaadans le silence
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaVERTEBRAL

pour ces poignées
de TERRE
pliéesaaaaaaaaaaaaaaaa
à l'intérieur de nos pochesaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa


et pour que les soleils
continuent de briller
en roue LIBRE




20070602

1,0

c'est mon corps
qui se aaadécaoaamaaapaaaaoaaaaasaaaaaae
sur votre langue

0,9

comme un danseur se défait de son corps
pour (dé)dire corps
le poète brise le poème
qui l'avait fait naître

paaaauaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaAaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaer
aaleaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaal'aaaaaaaaaamouaaaaaet
aaaaaaaaaaaaaaaaaRaaaaaaaaaaaaaaaaaaR
aaaaaaaaaaaoi aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaares
qqqqqqqqVaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaT


PermaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaéaaaaaaaaaaaaaaaaaaABLE

20070531

0,8

(poème
sous cellophane)

0,7

le danseur
occuppe
un corps
dont les marges
aiguisent

la soif

danseur
danseur
danseur
tailleur de miroir

lanceur de pierre
à qui se défait
de soi




20070530

0,6 des cordes

il nous aurait fallu des cordes plein la voix des cordes plein la bouche pour tisser des poèmes entre les branches il nous aurait fallu des cordes en lieu et place des mains et des mains de danseuse sous les ongles il nous aurait fallu des cordes affûtées des cordes avec des dents pour peler la surface de l'eau et remplir nos carafes il nous aurait fallu des cordes brusques et noires des cordes pour suspendre la mort aux poutres et les poutres au sol il nous aurait fallu des cordes

0,5

repose ta chance, ferre ton bonheur et va vers ton rythme.
A s'habituer, ils te regarderont.

0,4

sois l'arbre
au pied duquel
viendront s'agenouiller
ce que tu as été
et ce que tu seras
pour que ruisseaux et marées
ensemencent en silence
le poème de demain



0,3

j'ai compris qu'il me fallait

hanter les marges

0,2' l'envers du décor

< div style ="text-align: justify;">un canal nous suivait tandis que nous marchions < span style="font-size:100%;">< span style="font-style: italic; font-weight : bold;">au bord de nous< /span>.< /span> à voix basse< span style="font-style: italic;">,< /span> un canal buvait l'ombre de nos voix et semait des jumeaux sur la rive . la poésie ne retient ni le temps ni l'espace . la poésie ne retient ni le temps ni l'espace . la poésie ne retient ni le temps ni l'espace . aujourd'hui, un canal marche sur nos pas et s'égare < span style="font-style: italic;">< span style="font-weight: bold;">au bord de l'eau< /span>.< /span>< /div>

0,2 (à B.S)

un canal nous suivait tandis que nous marchions au bord de nous . à voix basse, un canal buvait l'ombre de nos voix et semait des jumeaux sur la rive . la poésie ne retient ni le temps ni l'espace . la poésie ne retient ni le temps ni l'espace . la poésie ne retient ni le temps ni l'espace . aujourd'hui, un canal marche sur nos pas et s'égare au bord de l'eau.